MIREILLE
DE CHARLES GOUNOD

Bru Zane Classical Radio diffuse dimanche 15 avril à 21h Mireille (1864), opéra en cinq actes de Charles Gounod (1818-1893).

Livret de Michel Carré
Création : le 19 mars 1864 au Théâtre-Lyrique, Paris

ORCHESTRE ET CHŒUR DU CAPITOLE DE TOULOUSE
Michel Plasson direction

Mireille Mirella Freni
Vincent Alain Vanzo
Taven Jane Rhodes
Ramon Gabriel Bacquier
Ourrias José van Dam
Vincenette Christine Barbaux
Clémence Michèle Command
Ambroise Marc Vento
Le Passeur Jean-Jacques Cubaynes
Andreloun, un berger Luc Terrieux

En 1854, Frédéric Mistral et Joseph Roumanille créent le Félibrige, une association régionaliste destinée à promouvoir la langue d’oc et le patrimoine littéraire provençal, en particulier celui des troubadours. Cinq ans plus tard, Mistral compose Mirèio, ambitieux poème épique en douze chants et six mille vers inspiré de L’Énéide, qui valut à son auteur de recevoir le prix Nobel de littérature en 1904. C’est sur ce chef-d’œuvre provençal que se fonde le livret imaginé par Michel Carré pour l’opéra en cinq actes Mireille de Charles Gounod. Très impressionné par la lecture de Mirèio, Gounod demanda à Mistral l’autorisation d’en réaliser une adaptation scénique et lyrique. Le musicien écrivit sa partition en quelques mois seulement à Saint-Rémy-de-Provence, où il s’imprégna des paysages provençaux et aurait composé, carnet à la main, au cours de ses promenades. Créée le 19 mars 1864 au Théâtre-Lyrique, l’œuvre reçut un accueil mitigé de la part du public comme de la critique. On reprocha notamment à Gounod le caractère trop traditionnel de la musique, d’inspiration mozartienne – elle rappelle notamment Don Juan. Ici et là, le compositeur cultive une veine plus féérique, qui n’est pas sans évoquer Mendelssohn ou Weber, en particulier à l’acte trois. Les critiques pointèrent aussi le manque de direction dramatique de l’ouvrage, sensible d’emblée dans l’ouverture, détachée du reste de l’opéra, comme dans Le Médecin malgré lui.En raison du peu d’enthousiasme suscité par sa création, l’œuvre a subi de multiples remaniements au fil de ses reprises. Des récitatifs furent notamment substitués au dialogue parlés afin d’accroître la continuité du discours. En 1939, le compositeur Henri Büsser proposa une version « restaurée » de Mireille, débarrassée de certaines de ces corrections. Elle fait aujourd’hui autorité.