GUILLAUME TELL
DE GIOACHINO ROSSINI

Bru Zane Classical Radio diffuse dimanche 13 août à 21h Guillaume Tell (1829), opéra en quatre actes de Gioachino Rossini (1792-1868).

Livret d’Étienne de Jouy et Hippolyte Bis
Création à l’Opéra de Paris le 3 août 1829

CORO E ORCHESTRA DELL’ACCADEMIA NAZIONALE DI SANTA CECILIA
Antonio Pappano direction
Guillaume Tell Gerald Finley
Hedwige Marie-Nicole Lemieux
Jemmy Elena Xanthoudakis
Mathilde Malin Byström
Arnold Melcthal John Osborn
Melcthal Frédéric Caton
Walter Furst Matthew Rose
Gesler Carlo Cigni
Rodolphe Carlo Bosi
Ruodi Celso Albelo
Leuthold Dawid Kimberg
Huntsman Davide Malvestio

Lors de la création de Guillaume Tell à l’Opéra de Paris, le 3 août 1829, la représentation dura environ cinq heures. En dépit de l’interprétation de Henri-Bernard Dabadie (Guillaume Tell), Laure Cinti-Damoreau (Mathilde) et Adolphe Nourrit (Arnold), on trouva le temps long. La partition fut bientôt coupée et remaniée, les choix différant selon les théâtres. La ville toscane de Lucques la découvrit en 1831 dans une adaptation en italien réalisée par Calisto Bassi. Cette production imposa la version la plus communément montée ensuite et… le fameux « ut de poitrine » qu’osa Gilbert Duprez. Long sans doute, le livret original d’Étienne Jouy et Hippolyte Bis (inspiré de Schiller) n’en ménageait pas moins une progression efficace, jouant sur le contraste entre destins individuels, drame collectif, situations pittoresques et divertissantes, suspens qui prend à la gorge (« Sois immobile », air de Tell lors de la « scène de la pomme »). Rossini inventa des couleurs romantiques pour peindre la nature (en particulier lors de l’Ouverture « à programme ») et un peuple opprimé (thème qui parlait d’autant plus au public qu’à l’époque, la Grèce – soutenue par la France – luttait pour son indépendance). Il renonça aux séductions du bel canto pour favoriser une déclamation syllabique qui témoigne de sa connaissance de Gluck et de son excellente maîtrise de la prosodie française. Un an après La Muette de Portici d’Auber, il contribuait à lancer le grand opéra. Mais adhérait-il vraiment au genre ? On peut en douter : il abhorra toujours l’« ut de poitrine » de Duprez et se retira de la scène lyrique après Guillaume Tell.