FAUST
DE CHARLES GOUNOD

Bru Zane Classical Radio diffuse dimanche 19 mars à 21 heures Faust (1859), tragédie-lyrique en 5 actes de Charles Gounod (1818-1893).

Livret de Jules Barbier et Michel Carré
Création : Théâtre-Lyrique, Paris, 19 mars 1859

CHŒUR DE L’ARMÉE FRANÇAISE
CHŒUR ET ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE
Michel Plasson direction
avec Cheryl Studer, Richard Leech, José van Dam, Thomas Hampson

Le thème de Faust occupe une place centrale dans l’imaginaire romantique européen. Respectivement traduits par Gérard de Nerval en 1827 puis en 1840, Le Premier (1897-1806) et Le Second Faust (1827-1831) inspirent les compositeurs français. En 1828, Hector Berlioz livre Huit Scènes de Faust dont il envoie une esquisse à Goethe. L’œuvre est remaniée et amplifiée en 1846 pour donner naissance à La Damnation de Faust. Le thème inspire aussi Louise Bertin (1831), Adolphe Adam (1833), Pamphile Aimon, Frédéric Barbier, Henri Litolff et Hervé (Le Petit Faust, 1869, parodie de l’œuvre de Gounod) et jusqu’à Claude Terrasse. Gounod découvre Faust vers 1838 et esquisse sans doute dès 1840 les contours d’un ouvrage dédié à cette figure en vogue. Le livret de l’opéra, représenté pour la première fois au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859, est tiré du drame fantastique Faust et Marguerite de Carré (créé au Théâtre du Gymnase-Dramatique le 19 août 1850). Circulant rapidement de cette scène vers d’autres lieux, l’opéra connaît toute une série d’avatars. En particulier, si la version originale de l’œuvre comporte des dialogues parlés (ponctuellement en mélodrames), ceux-ci sont remplacés dès 1860 pour les représentations dans d’autres théâtres français par des récitatifs. Par ailleurs, Gounod, ajoute à destination des scènes départementales et étrangères un air qui ne sera jamais exécuté à Paris (« Avant de quitter ces lieux », acte II). Le 3 mars 1869, enfin, Faust entre au répertoire de l’Opéra de Paris augmenté d’un ballet, conformément aux pratiques en vigueur sur cette dernière scène et aux codes régissant le genre du grand opéra. Rue Le Peletier puis salle Garnier, Faust connaît un triomphe qui ne sera jamais démenti par la suite. De nombreux « rebus » restent cependant à redécouvrir : Trio Siebel-Wagner-Faust, Chanson du Scarabée de Méphisto, Duo Marguerite-Valentin, Couplets de Siebel supprimés, Chœur des sorcières, Interlude symphonique, etc.