Confidence – Julien Behr

06/10/2018

À l’occasion de la sortie récente du disque Confidence (Palazzetto Bru Zane / Alpha Classics), Bru Zane Classical Radio diffuse dimanche 7 octobre à 21h le récital de Julien Behr autour du répertoire romantique français.

Julien Behr ténor
ORCHESTRE DE L’OPÉRA DE LYON
Pierre Bleuse direction

Charles GOUNOD, Cinq-Mars (1877)  Prélude et cavatine de Cinq-Mars « À vous, ma mère… Ô chère et vivante image »
Léo DELIBES, Jean de Nivelle (1880)  Récit et stances de Jean « J’ai vu la bannière de France ! »
André MESSAGER, Fortunio (1907)  Air de Fortunio « J’aimais la vieille maison grise »
Victorin JONCIÈRES, Le Chevalier Jean (1885)  Scène et air de Jean « Parlons de moi, le voulez-vous ?… Oui j’aime, hélas ! »
Augusta HOLMÈS, Ludus Pro Patria (1888)  La Nuit et l’Amour
Georges BIZET, La Jolie Fille de Perth (1867)  Sérénade de Henry Smith « Partout des cris de joie… À la voix d’un amant fidèle »
Benjamin GODARD, Jocelyn (1888)  Berceuse « Cachés dans cet asile »
Léo DELIBES, Lakmé (1883)  Cavatine de Gérald « Prendre le dessin d’un bijou… Fantaisie aux divins mensonges »
Franz LEHÁR, Le Pays du sourire (1929) – Air de Sou-Chong « Je t’ai donné mon cœur »
Emmanuel CHABRIER, Habanera (1885)
Ambroise THOMAS, Mignon (1866)  Romance de Wilhelm Meister « Elle ne croyait pas, dans sa candeur naïve »
Franz LEHÁR, La Veuve joyeuse (1905)  Air de Camille « Viens dans ce joli pavillon »
Henri DUPARC, Aux Étoiles (av. 1874, rév. 1910)
Charles TRENET, Vous, qui passez sans me voir (1937)

Depuis plusieurs années, le label Alpha Classics et le Palazzetto Bru Zane se sont engagés dans la redécouverte du répertoire romantique français d’un XIXe siècle encore mal connu. À chaque fois, au centre du projet artistique, un chanteur ou un instrumentiste met son exigence et sa curiosité au service de l’aventure. Déjà fort apprécié pour son charisme vocal et humain, le ténor Julien Behr est cette fois le protagoniste d’un récital qui revisite ce répertoire dans toute sa variété, entre tendresse et héroïsme, joie et mélancolie.
La voix de ténor romantique adopte en France des visages très divers entre 1800 et 1900. Le grand opéra la veut longue, sonore et couronnée de contre-notes émises en voix de poitrine à partir des années 1830. L’opéra-comique la souhaite légère, claire et capable de demi-teintes en « voix de tête » jusque chez Bizet et Gounod. Le ténor du Premier Empire, chez Méhul et Cherubini (vers 1800), est central et très barytonnant ; celui de la Monarchie de juillet, chez Adam et Auber (vers 1840), emprunte à Rossini ses vocalises et sa virtuosité. Bref, rien de plus difficile pour un ténor que de « trouver sa voix » dans cet imbroglio de genres et d’institutions. Le romantisme plus tardif va mélanger les spécificités de chaque emploi pour donner naissance au grand ténor d’opéra-comique, également appelé « de demi-caractère », capable de lyrisme et de puissance comme de douceur et d’intériorité (grâce à la « voix de tête » typiquement française). Gérald (Delibes), Roméo (Gounod), Des Grieux (Massenet), Mylio (Lalo) et tant d’autres deviendront des visages internationalement réputés. Par la chaleur de son timbre, la fermeté de son articulation, l’élégance de son phrasé et la ductilité solaire de son haut-médium, Julien Behr est l’un des ténors actuels les plus à même de rendre justice à ce répertoire de demi-caractère, souvent distribué à des voix trop lourdes, qui n’en révèlent pas forcément la finesse et la variété. Entre ombres et lumières…

Les partitions de Cinq-Mars (Gounod), Le Chevalier Jean (Joncières) et Jocelyn (Godard) ont été publiées et fournies par le Palazzetto Bru Zane.

 

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